mardi 3 mai 2011

Vivre avec un décalage horaire permanent


Quel décalage horaire? Vous me direz que, passé une semaine, le décalage horaire ou « jet lag » disparaît de soi-même et est très vite oublié. Ce n’est pas tout à fait vrai, les dernières études ont prouvé qu'un décalage horaire récurrent – plus de 6 heures au moins deux fois par semaine – réduit la capacité du cerveau à produire de nouveaux neurones au niveau de l’hippocampe et induit ainsi des troubles de la mémorisation… chez les hamsters ! Pour plus d’information sur l’étude, c’est ici : Article Radio-Canada.

Ce n’est toutefois pas à ce décalage horaire là que je pense. Lorsque vous vous levez le matin à Montréal, disons 7h du matin, il est déjà 13h en France. La matinée est déjà passée là-bas pour la plupart des gens que vous connaissez : amis, famille, etc…Vous partez alors au travail. A la pause déjeuner soit midi, il est déjà 18h et c’est la soirée en France. Lorsque vous quittez le travail vers 17h (oui, on est à Montréal 17h est un horaire très courant pour quitter le travail), c’est déjà la fin de soirée, soit 23h. Là où je veux en venir, c’est que dans une journée de travail courante, il est très difficile de communiquer avec l’autre côté de l’Atlantique à cause du décalage horaire ! Impossible d'appeler vos amis en France en sortant du travail pour partager votre nouvelle expérience de vie car tout le monde dort déjà. Il vous faudra globalement fournir un effort supplémentaire pour communiquer avec vos anciens contacts et cela peut s’avérer frustrant au quotidien.
Cela fonctionne d’ailleurs aussi avec le travail si vous avez le plaisir de côtoyer ces milieux internationaux où vos collègues sont répartis dans différentes zones horaires. Un des effets positifs est que pendant les temps « morts » où tous vos contacts professionnels ou personnels sont indisponibles, vous aurez plus de temps pour vous. C’est le moment d’effectuer votre travail sans interruption ou de vaquer aux occupations ménagères (ou encore d’éteindre le pc et de lire un livre).
Note au passage: les messages textes envoyés par téléphone du Canada vers la France à 3h du matin ont tendance à réveiller les gens et à les rendre de mauvaise humeur, sauf si c’est pour leur souhaiter bon anniversaire. Dans ce dernier cas, vous ne pouvez pas manquer d’être le premier message du jour!

Un autre effet de ce décalage horaire quotidien est de vous transformer en être divisé constamment entre deux zones horaires. Vous ne pourrez rien y faire, une partie de vos pensées sera toujours 6 heures en avance là où est votre ancienne vie (ou changer le chiffre selon vos pays d’expatriation vs celui d’origine). C’est peut-être une autre façon dont s’expriment les problèmes de mémorisation dans l’étude sur les hamsters…pour tout expatrié qui mène une double vie dans son pays d’origine et dans son pays d’accueil, il est difficile de se concentrer et de mémoriser quand son esprit et ses pensées sont constamment décalés dans le temps de plusieurs heures !

lundi 2 mai 2011

Bedondaine et Bedons Ronds... Une micro-brasserie qui vaut le détour de Montréal à Chambly!



Le Québec est un lieu idyllique pour tous ceux qui aiment les micro-brasseries. Je pourrais en mentionner beaucoup d'autres (et je le ferai), mais la micro-brasserie Bedondaine et Bedons Ronds est un coup de cœur sur la Rive-Sud! Elle est située à Chambly à deux pas du vieux centre-ville et du fort de Chambly. Vous y trouverez des bières brassées localement et qui varient au cours du temps. La photo est en hiver, mais la terrasse devant est très sympa lorsque le temps s'y prête. Il y a aussi un musée de la bière - une collection de bouteilles et d'items de bières qui vous entoure dans le pub!

Profitez d'une petite visite à Chambly (25km de Montréal) pour faire un tour là-bas!

Pour en savoir plus, http://www.bedondaine.com/ . Vous pouvez même consulter les bières en cours de maturation ou servies présentement: http://www.bedondaine.com/bieres.html

La France anglophone et le Québec francophone ou vice-versa!

Si vous habitez et travaillez avec des Québécois, il va falloir vous habituer aux commentaires sur votre français « de France » - commentaires sans méchanceté je précise. Il vous faut opérer un changement de mentalité – vous êtes maintenant la personne qui vient de l’étranger, la personne avec un accent. Vos expressions parisiennes, marseillaises ou autres deviennent une nouveauté amusante pour tout le monde et parfois incompréhensible ! Un petit conseil d’adaptation serait de ne pas utiliser le mode ironique français si courant au quotidien. Trop de sarcasme dans une même journée et vous aurez vite fait d’être qualifié d’arrogant ! Quoique…peut-être que ce conseil s’applique en France aussi finalement.

Bien que vous ayez l’impression que l’anglais soit omniprésent dans le parler québécois, vous allez rapidement comprendre que les québécois ont l’exacte même opinion du parler français. Vous pourriez rentrer dans un débat sans fin à ce sujet avec preuves à l’appui pour confirmer les deux opinions. Selon moi, la différence vient du fait que les mots anglais au Québec sont utilisés comme étant des mots anglais – comme si on « switchait » de langue en cours de phrase. Dans la langue française, on a francisé des mots d’origine anglaise : parking, email, etc.. que l’on utilise dans nos phrases courantes (et avec une intonation française pour la prononciation) comme étant des mots de notre langage français.

Le Québec peut paraître très défensif à propos de la langue française, mais c’est une attitude qu’il est facile de comprendre sur place. Pouvez-vous imaginer dans l’Hexagone que la population passe de parler de parking et d’email, à s’exprimer entièrement en anglais ? Aucune raison d’en faire des cauchemars la nuit. Par contre, le Québec est immergé dans un monde anglophone entre les Etats-Unis et les autres provinces canadiennes. Saviez-vous qu’à Montréal-Centre seulement 59.8% de la population déclare parler français comme langue principale dans leur foyer ? La statistique monte à 67.9% (source Wikipedia) si l’on considère le grand Montréal. Ca laisse tout de même entre 30% et 40% de la population montréalaise qui parle anglais ou une autre chez eux comme langue principale. Si l’on prend en compte le coût de maintenir une société bilingue, par exemple pour les entreprises qui doivent s’adapter à la petite province du Québec pour atteindre ce marché, cela demande bien un effort constant pour conserver cette petite enclave francophone unique sur le continent Nord-Américain !

samedi 30 avril 2011

Comment passer plus que trois hivers au Canada


La rumeur veut que les Français ne restent pas plus de trois hivers au Canada. Essayons de comprendre d’où vient cette rumeur.

L’hiver au Canada est long plutôt que difficile. Les tempêtes de neige ne sont pas quotidiennes. Il n’y a que quelques tempêtes qui s’enchaînent trop rapidement pour que les villes aient le temps de déblayer la neige et de l’évacuer par camions – c’est-à-dire 4 ou 5 jours. Notez que la neige reste omniprésente quand même, c’est juste que les trottoirs sont accessibles aux piétons et les chaussées aux voitures. Ce n’est d’ailleurs pas un moment agréable pour posséder une voiture : il m’est déjà arrivé de rentrer du travail sans pouvoir accéder au parking en extérieur et sans pouvoir me garer dans la rue. La première fois, je suis allée me réfugier au café Tim Hortons à côté, la deuxième fois, j’ai sorti ma pelle du coffre de la voiture et j’ai pelleté une place de parking dans la rue moi-même !

Anecdote mise à part, le Canada est bien équipé pour l’hiver : déblayage des rues, pneus d’hiver obligatoires pour les voitures, manteaux canadiens Canadian Goose, démarreur à distance pour les voitures. Toute la difficulté vient du fait que l’hiver s’installe largement de Novembre à Mars voir Avril. Les thermomètres n’indiquent pas toujours -20°C. Par contre, les températures ne remontent que très occasionnellement au dessus de 0°C. Heureusement, le retour du printemps a vite fait de vous faire oublier les petits tracas hivernaux !

Selon moi, ce n’est pas l’hiver qui serait la cause du départ des Français dans la rumeur. Peut-être juste une goutte d’eau qui fait déborder le vase ! La réelle difficulté est de rebâtir sa vie à partir de rien. Je vous réfère à un article des plus intéressants sur l’application de la pyramide de Maslow à l’expatriation : http://www.expatcareers.com/articles/personal_maslow_pyramid/

Lorsque vous déménagez au Canada, vous devez d’abord recréer votre sécurité de base : trouver un logement, une source de revenu, acheter des meubles…Cela peut prendre plusieurs mois pour retrouver son confort d’avant (ou années si vous habitiez chez vos parents!). La prochaine étape est de vous rebâtir un réseau. Il faut vous recréer un cercle d’amis et de contacts. Cela peut prendre plus de temps que prévu !
Après six mois ou un an, vous quittez le mode « touriste ». Votre environnement quotidien ne vous étonne plus et vous ne remarquez plus les détails autour de vous. Ca y est, votre ancien rêve du Canada n’est plus un objectif. C’est le temps de vous trouver d’autres raisons de rester au Canada et d’apprécier ce quotidien. Il faut vous trouver une nouvelle quête. C’est peut-être le moment de se replonger dans l’idée d’une carrière. Là encore, l’inconnu vous attend. Les différences culturelles, les équivalences de diplômes, les accréditations peuvent vous rendre la tâche difficile, et parfois au contraire, vous allez vous découvrir plus débrouillard que vous ne l’imaginiez !

L’arrivée au Canada n’est que le début d’une nouvelle quête de soi. S’il vous prend l’envie de retourner à votre ancienne vie, vous venez de vous rendre compte que vous étiez arrivés assez haut dans votre pyramide de Maslow dans votre pays d’origine pour rechercher une satisfaction autre. Trois ans, c’est peut-être le temps des bilans pour beaucoup de gens. Des sites comme www.pvtistes.net/ sont de formidables aides au début, mais aussi à moyen terme lorsque vous vous installez. Quand tout vous paraît difficile, repensez à votre rêve initial et pourquoi pas, pensez à la pyramide de Maslow. S’expatrier est toujours un projet ambitieux comme reconstruire une nouvelle pyramide. Si vous êtes plus terre à terre, pensez à l’arrivée du printemps, ça marche aussi !

vendredi 29 avril 2011

Prendre le nom de son mari? Pas au Québec !

Vouloir se marier avec un Québécois, cela oblige à se familiariser avec quelques particularités locales. Il faut déjà trouver un Québécois qui désire se marier, et ne pas juste demeurer « conjoints de fait ». C’est un statut officiel de concubins, acquis après seulement un an de vie commune sans interruption. De ce que j’observe, beaucoup de couples restent conjoints de fait toute leur vie sans jamais se marier et sont tout aussi heureux!
Détail intéressant : saviez-vous qu’en cas de rupture, la personne laissée peut conserver le logement loué, et même transférer le bail à son nom si elle n’était pas dessus? Plus de détail sur l’union de fait et les conditions : http://www.justice.gouv.qc.ca/francais/publications/generale/union.htm

Cette étape passée, pour celles qui ont toujours pensé changer de nom après leur mariage, il va falloir vous y faire…au Québec, la femme ne peut pas prendre le nom de son mari, elle doit garder son nom de jeune fille. Correction faite, elle le peut, mais il s’agit de procéder à un changement de nom légal – comme si vous décidiez de prendre un autre nom demain, rien à voir avec le mariage. Il va donc falloir vous y faire si vous décidez de rester ici et de vous marier!

Pour plus de détails sur le mariage au Québec:
http://www.justice.gouv.qc.ca/francais/publications/generale/maria.htm#noms

jeudi 28 avril 2011

Le mythe des chiens de traineaux


Non, les Canadiens ne sont pas fans des chiens de traineaux. Pour ceux avec lesquels j’ai eu l’occasion d’en discuter, c’est une activité qui plaît….aux Français! On trouve bien quelques balades du genre dans les environs de Montréal, mais ce sont majoritairement des activités pour enfants.
J’ai quand même trouvé une fois dans un restaurant une publicité pour une course de chiens de traineaux, pas trop loin de Montréal à une heure de voiture vers le Nord. Il s’agissait d’une course de villes, donc un parcours d’à peine une demi-heure et des petits attelages de quelques chiens. Cela fait un certain contraste avec les grands attelages qui partent dans le Grand Nord. Néanmoins, c’était amusant, bonne ambiance, quelques hot-dogs de sangliers à manger, et des chiens un peu partout. Une bonne sortie de weekend, surtout pour quelqu’un qui aime les chiens!

Mais….quelque chose clochait. Les chiens de traineaux. Mon cliché venait de partir en fumée. Aucun des chiens n’était un husky comme on les voit dans les reportages, films, etc. Vite remise de ma déception, on profite du spectacle. Le plus drôle à voir était que les chiens sont vraiment impatients de partir courir et ont l’air de s’amuser encore plus que nous à les regarder!

Prochaine Étape (pour moi en tout cas!) : il y a un endroit qu’il me faut explorer un jour près de la ville de Québec au Mont Sainte-Anne. Centre d’activités basées autour des chiens de traineaux, les chiens sont vraiment magnifiques et le tout laisse une impression très professionnelle! http://www.lessecretsnordiques.com/

Activité de Français peut-être, ça n’empêche pas que je veux vivre mon expérience de chiens de traineaux un jour!

Costco - les courses en version gigantesque

Une fois que vous êtes installés, il faut vous faire aux habitudes locales. Cela inclut obtenir une carte de membre de Costco et faire ainsi vos courses par emballages surdimensionnés. Costco est le nom d’une chaîne d’entrepôts. Vous y trouverez des articles très variés, généralement dans des dimensions ou packagings plus grands que la moyenne. Il faut bien remplir l’énorme congélateur que vous avez dans le sous-sol de votre maison!

La viande et le poisson congelés ont très bonne réputation. Plus pratique encore, les paquets de bonbons et friandises géants sont parfaits pour le bureau et l’Halloween! Le plus amusant de se balader chez Costco (oui je vous assure ça fait une très bonne balade les weekends pluvieux ou enneigés) est que vous trouverez de tout et n’importe quoi ici, généralement à bons prix : des télévisions, des coffres-forts géants, des livres, fromages, vins, bijoux sur des stands temporaires, des pneus de voiture, de l’essence et même… je l’ai lu dans un article, tout récemment aux États-Unis, des robes de mariés!

Acheter en gros quand on est en appartement, pourquoi pas? Yaourts, fruits, café, shampoings,…il suffit juste de surveiller ses achats. A environ 10$ par article et payable par débit (direct de votre compte bancaire) ou carte de crédit Costco seulement, la facture monte rapidement! Si vous avez un collègue ou une connaissance qui a une carte de membre de Costco et que vous n’y avez pas encore mis les pieds, profitez en pour visiter, ça vaut le coup d’œil!

Détail amusant : on y emballe ses achats, non pas dans des sacs, mais dans des cartons! Les grands sacs bleus Ikea font généralement bien l’affaire aussi.

Prochaine Étape : www.costco.ca